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La petite Classe

La petite Classe

Laetitia Carton

L’Histoire

La genèse

Il y a quelques années, j’ai croisé la Communication NonViolente, la « CNV » pour les intimes. Et elle a changé ma vie. Elle a changé ma manière d’appréhender mes relations, mon rapport à l’autre et à mes émotions.
J’ai tout de suite pris la mesure de la puissance de cette approche extraordinaire, pour transformer les relations entre les humains, et donc le monde. J’en ai fait une priorité dans ma vie. Je me forme depuis quelques années. J’ai compris qu’au-delà d’une méthode c’est avant tout un processus, une manière d’être au monde. Et que le chemin sera long avant de l’incarner pleinement.

Cela fait quelques années que je cherche à  faire un film autour de la CNV pour partager ce processus avec le plus grand nombre. Mais que filmer ? Des stages ? Des formations ? Des gens qui en parlent ?

Et l’année dernière j’ai rencontré Katia, une enseignante en maternelle, dans une classe de l’Education Nationale, près d’Angoulême dont l’école est en QPV (Quartier Politique de la Ville). Elle s’est formée à la CNV au sein de Déclic-CNV & éducation et compte parmi les personnes ressources de l’association.

Ça a été une évidence. 
Katia incarne le processus, tout simplement, au quotidien avec les enfants, les parents, les familles, les collègues. C’est concret. Visible. 
Et pour moi, ça vaut tous les beaux discours.

Capture decran 2023 09 26 a 21.12.30

L’idée, c’est donc de faire un film pour le cinéma. Pour une sortie en salle en 2025.
Un film qui raconterait la vie d’une classe pendant une année scolaire, en maternelle, en Toute Petite Section.

Un film qui permettrait de voir concrètement comment de jeunes enfants peuvent grandir sereinement et à leur rythme, grâce à un environnement soutenu par la Communication NonViolente. Et comment par « porosité » cela peut aider les parents à cheminer vers une éducation dans laquelle ils vont pouvoir entendre les besoins de leur enfant.
Un film qui prendrait le temps, de la première rencontre en juin 2023, pour les enfants et leurs familles, pour découvrir leur nouvel environnement, jusqu’en juin 2024, avant les vacances au moment où l’on doit se séparer pour grandir encore et passer chez les plus grands.
Cette année est un passage.
Celui vers l’autonomie, la vie en dehors de la famille, avec ses pairs.
Celui de l’acquisition du langage, chacun à son rythme.
Quatre saisons pour grandir.
En passant par toutes les étapes de cette grande première aventure : La rentrée de septembre, le grand jour, la séparation qui peut être difficile, douloureuse, puis la routine qui va s’installer lentement, la séparation qui sera de plus en plus facile pour les enfants comme pour les familles. Je reviendrai une à deux fois par mois, pour quelques jours, pour pouvoir filmer les étapes de l’évolution des enfants et toutes celles de cette année scolaire : les anniversaires, le carnaval au printemps, la classe dehors à la découverte du jardin, les sorties à la médiathèque, ou pour aller voir un spectacle, la Semaine de la maternelle avec les parents, les temps de travail de Katia quand les enfants sont partis, et puis la remise des « diplômes » de TPS.

Capture decran 2023 09 26 a 21.24.06

Le film sera construit chronologiquement afin de souligner les progrès et les évolutions des enfants.
Je m’attacherai à suivre particulièrement des histoires singulières :
Filmer le soutien apporté par Katia à Alyzée et sa famille, afin qu’elle puisse vivre sereinement l’accueil de ses émotions. Arrivera-t-elle à faire connaître son mécontentement autrement qu’en poussant ou frappant un enfant lorsqu’elle rencontre une difficulté à l’autre ? 
Observer Mya, qui se met à pleurer dés qu’un enfant l’ennuie. Parviendra-t-elle à ne plus subir, en victime, mais à se positionner ? Et avec fermeté ? 
Filmer Marwan, qui régulièrement est affecté par les limites que les adultes et les autres enfants peuvent poser. Apprendra-t-il à accueillir avec moins d’émotion une remarque qui ne va pas dans son sens ?
Suivre Thyam, pour qui les premiers matins lors de la séparation d’avec ses mamans était trés douloureux. Filmer son évolution, celle de ses mamans, et ses petits pas vers l’autonomie. Parviendront-t-ils à ne plus vivre de manière tragique ces séparations au cours des semaines ? 
Filmer le soutien de Katia envers Eva, afin qu’elle puisse exprimer émotionnellement ce qu’elle vit lors de la séparation avec sa maman ?
Observer Bloo écouter les demandes des autres, très souvent faire le contraire, et n’écouter que son désir. Parviendra-t-elle à entendre les NON et les limites des autres ?
Filmer, à chacun de mes retours, le long apprentissage de Mathis, pour être de plus en plus autonome et demander de l’aide. Arrivera-t-il à mettre ses chaussures et son manteau tout seul ? 
Et Katia et Isabelle parviendront-elles à garder l’énergie nécessaire dont elles ont besoin, pour faire vivre la classe, tout en soutenant les parents sur l’année dans leur rôle parental ?

Beaucoup d’enjeux, qui, tout au long du film, permettront de s’attacher à tous ces passionnants « personnages », pour créer une tension narrative et ainsi raconter de belles histoires.

Capture decran 2023 09 24 a 20.40.08
  • Eymoutiers

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Coté technique

La fabrication

Il y a quelques années, j’ai croisé la Communication NonViolente, la « CNV » pour les intimes. Et elle a changé ma vie. Elle a changé ma manière d’appréhender mes relations, mon rapport à l’autre et à mes émotions.
J’ai tout de suite pris la mesure de la puissance de cette approche extraordinaire, pour transformer les relations entre les humains, et donc le monde. J’en ai fait une priorité dans ma vie. Je me forme depuis quelques années. J’ai compris qu’au-delà d’une méthode c’est avant tout un processus, une manière d’être au monde. Et que le chemin sera long avant de l’incarner pleinement.

Cela fait quelques années que je cherche à  faire un film autour de la CNV pour partager ce processus avec le plus grand nombre. Mais que filmer ? Des stages ? Des formations ? Des gens qui en parlent ?

Et l’année dernière j’ai rencontré Katia, une enseignante en maternelle, dans une classe de l’Education Nationale, près d’Angoulême dont l’école est en QPV (Quartier Politique de la Ville). Elle s’est formée à la CNV au sein de Déclic-CNV & éducation et compte parmi les personnes ressources de l’association.

Ça a été une évidence. 
Katia incarne le processus, tout simplement, au quotidien avec les enfants, les parents, les familles, les collègues. C’est concret. Visible. 
Et pour moi, ça vaut tous les beaux discours.

Capture decran 2023 09 26 a 21.12.30

L’idée, c’est donc de faire un film pour le cinéma. Pour une sortie en salle en 2025.
Un film qui raconterait la vie d’une classe pendant une année scolaire, en maternelle, en Toute Petite Section.

Un film qui permettrait de voir concrètement comment de jeunes enfants peuvent grandir sereinement et à leur rythme, grâce à un environnement soutenu par la Communication NonViolente. Et comment par « porosité » cela peut aider les parents à cheminer vers une éducation dans laquelle ils vont pouvoir entendre les besoins de leur enfant.
Un film qui prendrait le temps, de la première rencontre en juin 2023, pour les enfants et leurs familles, pour découvrir leur nouvel environnement, jusqu’en juin 2024, avant les vacances au moment où l’on doit se séparer pour grandir encore et passer chez les plus grands.
Cette année est un passage.
Celui vers l’autonomie, la vie en dehors de la famille, avec ses pairs.
Celui de l’acquisition du langage, chacun à son rythme.
Quatre saisons pour grandir.
En passant par toutes les étapes de cette grande première aventure : La rentrée de septembre, le grand jour, la séparation qui peut être difficile, douloureuse, puis la routine qui va s’installer lentement, la séparation qui sera de plus en plus facile pour les enfants comme pour les familles. Je reviendrai une à deux fois par mois, pour quelques jours, pour pouvoir filmer les étapes de l’évolution des enfants et toutes celles de cette année scolaire : les anniversaires, le carnaval au printemps, la classe dehors à la découverte du jardin, les sorties à la médiathèque, ou pour aller voir un spectacle, la Semaine de la maternelle avec les parents, les temps de travail de Katia quand les enfants sont partis, et puis la remise des « diplômes » de TPS.

Capture decran 2023 09 26 a 21.24.06

Le film sera construit chronologiquement afin de souligner les progrès et les évolutions des enfants.
Je m’attacherai à suivre particulièrement des histoires singulières :
Filmer le soutien apporté par Katia à Alyzée et sa famille, afin qu’elle puisse vivre sereinement l’accueil de ses émotions. Arrivera-t-elle à faire connaître son mécontentement autrement qu’en poussant ou frappant un enfant lorsqu’elle rencontre une difficulté à l’autre ? 
Observer Mya, qui se met à pleurer dés qu’un enfant l’ennuie. Parviendra-t-elle à ne plus subir, en victime, mais à se positionner ? Et avec fermeté ? 
Filmer Marwan, qui régulièrement est affecté par les limites que les adultes et les autres enfants peuvent poser. Apprendra-t-il à accueillir avec moins d’émotion une remarque qui ne va pas dans son sens ?
Suivre Thyam, pour qui les premiers matins lors de la séparation d’avec ses mamans était trés douloureux. Filmer son évolution, celle de ses mamans, et ses petits pas vers l’autonomie. Parviendront-t-ils à ne plus vivre de manière tragique ces séparations au cours des semaines ? 
Filmer le soutien de Katia envers Eva, afin qu’elle puisse exprimer émotionnellement ce qu’elle vit lors de la séparation avec sa maman ?
Observer Bloo écouter les demandes des autres, très souvent faire le contraire, et n’écouter que son désir. Parviendra-t-elle à entendre les NON et les limites des autres ?
Filmer, à chacun de mes retours, le long apprentissage de Mathis, pour être de plus en plus autonome et demander de l’aide. Arrivera-t-il à mettre ses chaussures et son manteau tout seul ? 
Et Katia et Isabelle parviendront-elles à garder l’énergie nécessaire dont elles ont besoin, pour faire vivre la classe, tout en soutenant les parents sur l’année dans leur rôle parental ?

Beaucoup d’enjeux, qui, tout au long du film, permettront de s’attacher à tous ces passionnants « personnages », pour créer une tension narrative et ainsi raconter de belles histoires.

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La petite Classe

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chez les copains de Rox Record

Atelier Ciac Boum

Une des dernières séquences que nous avons dû couper. Un atelier d’avant-deux du Poitou avec Ciac Boum, le groupe qui clôture le film. . Je l’aimais beaucoup. Parce qu’on y voit la transmission à l’œuvre quand elle est faite avec le cœur, et la petite et la grande histoire. Avec Christian Pacher, accompagné d’Isabelle Guerbigny à l’animation. Et Robert Thébault et Julien Padovani à la musique.

https://vimeo.com/307775845

Atelier de danse grecques

Scène coupée du film Le Grand Bal.
Cette séquence de danse grecque est restée longtemps dans cette longueur au montage pour être finalement coupée, et remontée accompagnée d’une voix off dans la dernière version.
Je vous laisse découvrir l’atelier de Maria Douvalis, originaire de l’Epire, en Grèce, elle pratique les danses épirotes dans le cadre familial depuis l’enfance. Elle vit à Bruxelles et elle y anime et enseigne les danses traditionnelles depuis plus de 30 ans. Elle n’a pas son pareil pour transmettre sa culture avec ferveur et générosité. Elle n’arrive jamais seule, elle est toujours entourée de ses enfants et de ses élèves. Les grecs-belges arrivent toujours en groupe au Grand bal, pour notre plus grand bonheur.

www.tradidanse.be

Avant on apprenait des danses aujourd’hui on apprend à danser.

Scène coupée du film Le Grand Bal
J’aimais beaucoup cette séquence de discussion dans le petit bois. Elle a malheureusement été coupée lorsque nous avons choisi de re-centrer le film plus sur la sensation que sur le partage d’informations sur le bal, les danses, ses pratiques etc..
Merci à Philippe, Brigitte, Lucile et Emmanuel qui nous offrent ce chouette moment d’échange, dans la langueur de ce début d’après-midi, à l’ombre des bouleaux.

Shillelagh & les 100 violons

Scène coupée du film le Grand Bal.
Non étalonnée-Non mixée.

Cette scène était une de mes scènes favorites que nous avons dû couper au montage à mon grand désespoir. Mais il nous fallait réduire…
Ce soir-là, autour du groupe Shillelagh, sur la scène du parquet, toutes les personnes qui avaient suivi le stage de violon avec Gabriel Lenoir sont montées sur scène pour jouer le morceau travaillé ensemble l’après-midi même, en quelques heures. C’était magique. J’ai les poils à chaque fois que je la revois, parce que j’y étais.

Avec Rodolphe, on l’a toujours nommé entre nous « les 100 violons », même si je pense il y a moins d’instruments que ça…

La tradition ça n’intéresse personne

Scènes coupées du film Le GRAND BAL.
( Léger étalonnage, pas de mixage)

Cette scène a été tournée un soir de la première semaine de tournage à Gennetines. Bernard Coclet, fondateur des Grands Bals de l’Europe organise régulièrement des temps de discussions, après les ateliers et avant le repas. On les appelle des causeries.
On y parlait ce soir-là des sources, des origines des musiques et des danses.
J’aimais beaucoup cette séquence, mais on a dû la couper car les protagonistes y parlent des mouvements trad et folk et les non-danseurs à qui on a montré cette version ne comprenaient pas les enjeux de cette discussion et se sentaient un peu exclus. Ce que je comprends. Mais j’aime beaucoup tout ce qui se dit dans cet échange. Alors grand plaisir de le partager ici.
J’y ajoute un petit bonus, une séquence tournée devant un des nombreux panneaux annonçant le programme de la soirée…

Scènes coupées / ateliers Pizzica et Bernard Coclet

La première séquence, celle de la Pizica par le groupe Terminal Traghetti est présentée ici dans son intégralité, elle l’était dans la première version de 1H38 diffusée à Cannes et tout l’été 2018. Elle a ensuite été remontée en septembre, raccourci pour la version de 1h29 diffusée dorénavant dans les salles. La seconde séquence est celle de l’atelier de Bernard Coclet, fondateur des Grands Bals de l’Europe. Il est resté très longtemps au montage, j’adore cette séquence où il nous transmet une foule de savoirs, sur le collectage, l’évolution des danses, et tout ça avec son bel humour.

 

article technikart

La fièvre du Jeudi soir

Vibrant docu sur les fans de danse folkloriques, le grand bal a transformé avant-hier la plage Macé en parquet ciré pour festivaliers au bout du rouleau, et redonné du sens à nos errances cannoises.

« J’ai fait le Portugais hier, je vais au Grec ce matin. » « J’ai dormi 12 heures en quatre jours, c’est mieux que l’an dernier. » « Super cette séance, mais pas facile de s’en remettre. » Des petites phrases qui ressemblent à celles qu’on s’échange chaque jour sur la Croisette. Sauf qu’elles sont prononcées par d’autres festivaliers endurants, au Grand Bal de l’Europe où se retrouvent depuis trois décennies les masos de la mazurka, les barjos de la bourrée et les tordus de la tarentelle. Dans cette grande fiction méta qu’est le Festival de Cannes, où chaque signe finit par être interprété comme un message personnel, la projection de ce docu sensoriel, au Cinéma de la Plage, avait la saveur d’un bilan d’expérience à deux jours du retour au réel. Parce que c’est un film sur un festival projeté dans un festival du film, mais aussi – surtout – parce que la réalisatrice Lætitia Carton y dit beaucoup de choses essentielles sur la force du rituel et le besoin de jouissance collective. Ces gens qui dansent sans s’arrêter, de l’aube à l’évanouissement, en quête de sens et de transe, c’est nous, ici, maintenant. Leurs joies, leurs doutes, leurs fatigues et leurs passions ont la même substance que les nôtres. À la fin du générique, quand les musiciens du film ont envahi la scène et que la plage s’est transformée en parquet de danse trad’, tout s’est éclairé d’un coup. Les babos en sarouel tenaient les starlettes en robe du soir par la main, les distributeurs jetaient leurs chaussures en l’air et des journalistes ennemis se réconciliaient dans un rondeau en couple.
On comprenait enfin ce qu’on était venu foutre ici, une fois de plus. Ensemble et humains malgré tout.
Michaël Patin